Ce que votre IA sait de vous — et ce qu’elle n’oublie pas, par CIA Bourges

L’AGENCE CIA – Conseil en Intelligence Artificielle à Bourges

Ce que votre IA sait de vous — et ce qu’elle n’oublie pas, par CIA Bourges

Ce que votre IA sait de vous — et ce qu’elle n’oublie pas, par CIA Conseil en IA à Bourges

Par André Gentit, CIA Conseil en IA à Bourges · Publié le 22 octobre 2026 · Lecture : 11 min

TL;DR

Votre assistant IA peut garder bien plus que vous ne le pensez : historique, mémoire, fichiers, et selon le service, contribution à l’entraînement ou à la publicité. Ces mécanismes sont indépendants, donc couper un canal n’éteint pas les autres. Chez Perplexity (Free, Pro, Max), l’entraînement est activé par défaut et le refus n’est pas rétroactif. Une conversation avec une IA n’est pas automatiquement couverte par le secret professionnel. Pour les dirigeants, la réponse pratique est une politique d’usage claire: données minimisées, contrats vérifiés, équipes formées et procédures de suppression effectives.

Vous demandez à une IA de reformuler un mail à un salarié, puis de préparer un entretien sensible, puis, tard le soir, d’ébaucher des mots pour un souci familial. Chaque tâche semble anodine, mais cumulées, elles forment potentiellement un dossier. L’enjeu n’est pas la paranoïa, mais une gouvernance adaptée des données et des usages.

Cet article propose d’aller droit au but sans catastrophisme: les exemples sont sourcés et vérifiables. Le but est d’aider les dirigeants à poser les bonnes questions et à mettre en place des mécanismes concrets pour protéger les données sensibles tout en bénéficiant des bénéfices de l’IA en entreprise.

30 jours
délai de suppression d’un chat chez certains services
≈ 31
pays européens où les offres IA publicitaires se déploient
≈ 31
documents non protégés dans certains jugements
1,9 M
adresses exposées lors d’une fuite

Historique, mémoire, entraînement : trois boutons qu’on confond tous les jours

Une conversation laisse plusieurs traces, et chacune a son propre interrupteur. L’historique, c’est la liste des échanges; la mémoire, c’est ce que le service retient pour personnaliser la suite; l’entraînement, c’est l’éventuelle réutilisation des contenus pour améliorer les modèles. Trois réglages, trois finalités, un seul réflexe à adopter: piloter chaque canal séparément.

La mémoire : un carnet de notes dont vous ne lisez qu’un résumé

Le résumé affiché n’inclut pas tout ce que le système conserve et peut cacher des éléments sensibles si vous les partagez. Activez et désactivez la mémoire avec précaution et vérifiez les mentions associées dans vos paramètres. Pour effacer vraiment une information, il faut la traquer partout où elle apparaît: dans les souvenirs, les conversations d’origine, les fichiers et les applications connectées. Simplement supprimer le résumé ne suffit pas.

Pour les entreprises, cela signifie établir une politique d’usage qui précise quand la mémoire est utile et quand elle doit être désactivée pour des projets sensibles ou clients spécifiques. La mémoire n’est pas un droit automatique, c’est une fonctionnalité à sécuriser et à paramétrer.

L’entraînement : une case à cocher, pas un interrupteur universel

Dans certains systèmes, l’option d’amélioration du modèle peut être appliquée par défaut à toutes les nouvelles conversations. Cela gouverne la réutilisation des contenus pour affiner les modèles, mais ne supprime pas l’historique ni la mémoire si l’utilisateur la désactive. Pour les dirigeants, il s’agit de poser trois questions distinctes: Voulez-vous que cette conversation soit sauvegardée? Souhaitez-vous qu’elle influence les futures réponses? Autorisez-vous son utilisation pour l’entraînement des modèles ?

La clarté est essentielle: tout ce qui touche des données sensibles ou clients doit être encadré par des contrats explicites et des règles d’accès. Pour une entreprise, privilégier des outils offrant des contrôles professionnels, vérifier les clauses de conservation et de réutilisation, et former les équipes est indispensable.

Perplexity : pourquoi la réponse honnête est « oui, potentiellement »

Selon l’aide officielle de Perplexity, les comptes Free, Pro et Max ont le paramètre « AI data retention » activé par défaut et les données peuvent servir à l’entraînement tant que ce paramètre est actif. Les comptes Enterprise sont exclus. Le refus n’est valable que pour les données collectées après la désactivation: les données antérieures restent dans les ensembles de données. Le mot d’ordre pour les dirigeants est simple: tout refus ne s’applique pas rétroactivement et, en cas de doute, consultez les conditions précises et les politiques publiques de confidentialité des fournisseurs. Pour une source indépendante: guide de DeleteMe et analyse d’Anonyome rappellent cette distinction et soulignent que refuser l’entraînement n’empêche pas le fonctionnement nécessaire du service.

Ce que personne ne peut vous dire

Ni cet article, ni un assistant IA ne peut révéler si telle conversation précise a été utilisée pour l’entraînement ni quel réglage exact est appliqué sur votre compte. Seul votre panneau de paramètres fait foi. Des sources externes tierces peuvent donner des indications, mais elles nécessitent vérification dans les politiques de confidentialité officielles.

ChatGPT et Perplexity: le tableau qui évite les malentendus

Critère ChatGPT Perplexity
Où se règle l’entraînement ? Paramètres → Contrôles des données → « Améliorer le modèle pour tous » Paramètres → « AI data retention »
Portée du refus S’applique aux nouvelles conversations Uniquement aux données collectées après le refus : rien n’est rétroactif
Entraînement activé par défaut (grand public) À vérifier dans vos réglages personnels Oui, sur Free, Pro et Max
Mode « sans trace » Chat temporaire : hors historique, hors entraînement, sauvegarde limitée Mode incognito selon des analyses tierces
Offres entreprise Team, Enterprise et Edu : contrôles professionnels Enterprise: jamais utilisé pour l’entraînement

Secret professionnel : votre IA ne porte pas de robe d’avocat

Un assistant peut expliquer une procédure ou aider à préparer des questions pour un conseil; cela ne transforme pas la conversation en échange protégé. Un cas américain notoire illustre ce point.

Étude de cas · États-Unis

United States v. Heppner (février 2026)

L’affaire Heppner montre que l’usage d’un outil d’IA pour préparer des documents juridiques ne garantit pas la confidentialité avocat-client. Le juge a rappelé que l’outil n’est pas avocat et que les échanges sur une plateforme publique peuvent ne pas être protégés.

À retenir : même dans une organisation, un chatbot n’élimine pas les obligations de confidentialité et les contraintes contractuelles. Pour les entreprises françaises, le droit national et le cadre CNIL restent prégnants et exigent des règles claires d’usage et de conservation.

Pour les dirigeants, la prudence est de mise: ne pas confier à un outil grand public des informations sensibles ou critiques sans cadre contractuel et technique solide. Ceci est résumé par des experts comme ceux de la CNIL et nos équipes chez CIA Bourges, qui préconisent une approche par couches et une séparation claire entre personnalisation, entraînement et fonctionnement opérationnel.

Supprimer, c’est presque effacer

Chez certains services, la suppression d’un échange peut être rapide, mais la disparition n’est pas toujours absolue. Des copies de sauvegarde et des dérogations de sécurité peuvent maintenir des traces pendant des semaines ou des mois. Pour l’entreprise, cela signifie mettre en place une politique stricte: suppression rapide des données sensibles, horodatage des actions et audit régulier des flux de données.

Étude de cas · Justice

Le New York Times, OpenAI et l’ordonnance de conservation

Des ordonnances de conservation peuvent imposer de conserver certains journaux et journaux d’accès, même après suppression. L’exception européenne peut s’appliquer différemment selon le territoire et les accords contractuels.

À retenir: les règles d’effacement comportent des exceptions; le périmètre doit être vérifié et contrôlé par le DPO/DSI et le juridique.

La publicité s’invite dans la conversation (éthique et étiquette)

Les tests publicitaires sur des conversations publiques ont débuté, puis l’expansion vers d’autres marchés a été annoncée. Sur le volet vie privée, les règles restent claires: les conversations ne sont pas partagées avec les annonceurs, les données ne sont pas vendues; la personnalisation peut influencer la plateforme publicitaire lorsque l’option est activée. En Europe, les publicités contextuelles ont été lancées initialement sans personnalisation généralisée, et les cas d’utilisation restent limités par la réglementation et les considérations de sécurité.

Pour les dirigeants, l’enjeu est de distinguer le contexte d’une recommandation publicitaire et la personne du client. L’éthique et le respect des données restent des conditions préalables à tout usage de publicité contextuelle.

Fuites et risques externes : quand le danger vient d’ailleurs que du réglage

Muah.AI : vos données exposées, votre réputation en jeu

La fuite Muah.AI illustre comment des données personnelles, même « privées », peuvent être exposées après un incident de cybersécurité. Pour les dirigeants, cela rappelle que l’adresse e-mail et le contenu des prompts peuvent devenir des vecteurs d’identification et des risques réputationnels. L’enseignement est clair: déployer une sécurité multicouche (authentification forte, séparation des environnements, journalisation et détection des accès), et surtout limiter le plus possible les données sensibles dans les services externes.

Character.AI : qui hérite des conversations lors d’un changement de fournisseur

Étude de cas · Faillite

Character.AI et Chapter 11 (12 octobre 2026)

La société Character Technologies a demandé le Chapter 11; Disney a envisagé une licence IP. Les pièces démontrent que la gestion des données et des conversations peut être affectée par des procédures de vente ou de restructuration. Le sort des données dépend des clauses de confidentialité et des accords contractuels; les utilisateurs peuvent être en mesure d’exporter leurs données ou de fermer leur compte.

À retenir : pas d’achat automatique de vos conversations par un acquéreur, mais les accords de confidentialité et les clauses de cession restent des points-clés lors d’un changement de fournisseur ou de dissolution.

Le contrôle technique de vos réglages (15 minutes, un café)

Dans ChatGPT, l’option Mémoire et l’entraînement se gèrent séparément: ouvrez Paramètres → Personnalisation → Mémoire pour relire et nettoyer les données; puis Paramètres → Contrôles des données → désactivez « Améliorer le modèle pour tous » pour couper l’entraînement futur. Dans Perplexity, vous pouvez désactiver « AI data retention », et dans tous les cas, les historiques peuvent être supprimés via les outils correspondants.

Dans Perplexity

  • Entraînement : désactivez « AI data retention » (valable pour l’avenir)
  • Historique : supprimez les fils qui ne vous intéressent plus
  • Mémoire : consultez la section dédiée des paramètres si elle apparaît sur votre compte

Entreprises : les réglages individuels ne font pas une politique d’entreprise

Rester prudent sur les outils grand public, c’est parfaitement légitime pour protéger les données clients et partenaires. Le pilotage opérationnel doit être complété par une politique d’entreprise qui définit les usages autorisés, les catégories de données à exclure, les conditions des offres professionnelles, la vérification des contrats et la gestion des accès.

La CNIL encourage une démarche simple et pragmatique: partir d’un besoin concret, adopter des solutions sécurisées, et mesurer ce que le prestataire peut réutiliser. Pour les dirigeants, la priorité est d’établir une charte interne qui décrit les données à minimiser, les responsabilités des utilisateurs et les procédures en cas de partage accidentel. Chez CIA Bourges, nous accompagnons les cadres dirigeants pour transformer ces pratiques en politiques écrites et tenables, tout en préservant les bénéfices opérationnels de l’IA.

Le principe de minimisation, version terrain : donner à l’IA ce dont elle a réellement besoin pour répondre, pas tout ce que vous avez.

  1. Définir les usages qui apportent une valeur réelle pour l’entreprise
  2. Lister les données nécessaires et celles à exclure (noms de clients, données de santé, secrets commerciaux)
  3. Lire les engagements contractuels: conservation, réutilisation, offre professionnelle ou grand public
  4. Limiter les accès et les connexions aux autres outils
  5. Former les équipes et prévoir quoi faire si quelqu’un colle des données inappropriées

C’est ce cadrage que nous proposons chez CIA Bourges: André Gentit et son équipe accompagnent les dirigeants et leurs équipes pour transformer des usages IA bricolés en pratiques écrites, comprises et tenables. Sans interdire l’outil, mais en le maîtrisant.

Questions qu’on nous pose vraiment

Perplexity entraîne-t-il ses modèles sur mes conversations ?

Potentiellement, oui. Selon l’aide officielle de Perplexity, le paramètre « AI data retention » est activé par défaut sur les comptes Free, Pro et Max, et les données collectées servent alors à l’entraînement. Les comptes Enterprise sont exclus. Le refus n’a pas de portée rétroactive et il est difficile de savoir si une conversation précise a été utilisée.

Désactiver l’entraînement supprime-t-il mon historique ou ma mémoire ?

Non. Ce sont des réglages indépendants. Refuser l’entraînement n’efface pas vos discussions, et couper la mémoire ne supprime pas l’historique. Pour retirer une information, il faut la supprimer partout où elle apparaît: souvenir enregistré, conversation d’origine, fichiers, applications connectées.

Ma conversation avec une IA est-elle protégée par le secret professionnel ?

Non, pas automatiquement. L’affaire United States v. Heppner rappelle que ces échanges avec un chatbot grand public ne bénéficient pas automatiquement du secret professionnel. Le cadre légal varie selon le pays et les circonstances. En France, les règles restent régies par le droit et le cadre CNIL.

Les annonceurs voient-ils mes conversations ?

OpenAI affirme que non: les annonceurs ne reçoivent pas les conversations et ne vendent pas les données. La personnalisation peut néanmoins influencer les annonces lorsque cette option est activée et que le service collecte des données contextuelles et de mémoire.

Que doit contenir une politique d’usage de l’IA en entreprise ?

Les usages autorisés et interdits, les catégories de données à ne jamais saisir, le choix des outils et des offres professionnelles, la vérification des contrats (conservation, réutilisation), la gestion des accès, la formation des équipes et une procédure en cas de partage accidentel. Le tout doit être cohérent avec les recommandations CNIL et adaptées à la réalité opérationnelle.

Conclusion : personnaliser n’oblige pas à tout confier

Le point de vue de CIA Bourges

Pour CIA Conseil en IA à Bourges, ce sujet est une question d’hygiène et de gouvernance. Les données personnelles et celles de vos clients doivent être traitées selon des principes de minimisation et de séparation des usages: personnalisation, entraînement et publicité ne doivent pas s’additionner sans contrôle. La bonne approche est d’exiger des mécanismes clairs: cadre contractuel robuste avec les prestataires, politiques internes applicables, et formation des équipes. Le bon réflexe n’est pas d’éviter l’IA, mais de la modeler avec les bons garde-fous et les bons contrats.

Pour ouvrir le sujet : si le contexte personnel rend ces outils utiles, la vraie bataille des prochains mois portera sur qui le garde et comment il est protégé. Modèles locaux, offres professionnelles et contrats négociés deviendront des éléments de différenciation: la confidentialité deviendra une fonctionnalité achetable et paramétrable. Reste à savoir si votre organisation sera prête le jour où on vous posera la question.

Envie de passer vos usages de l’IA au crible, réglages et politique interne compris ? C’est précisément ce que CIA Bourges met en place, en formation comme en conseil.

Sources et ressources

L’article Ce que votre IA sait de vous (et ce qu’elle n’oublie pas)… est apparu en premier sur DeepDive – Intelligence Artificielle AURILLAC ET BOURGES.

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AGENT RW

Agence CIA Bourges est une agence de conseil en IA spécialisée dans l’intégration stratégique de l’intelligence artificielle au service des organisations publiques et privées.
Fondée par André Gentit, entrepreneur depuis 2011, l’Agence CIA Bourges accompagne les décideurs dans des usages concrets, gouvernés et utiles de l’intelligence artificielle : cadrage, acculturation, formation et déploiement opérationnel.
Ici, l’IA n’est ni un gadget ni un effet de mode, mais un levier maîtrisé au service du métier, de la performance et du sens.

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